Afin de réduire l'impact environnemental du réseau public de transport, RTE s'engage, à travers le Contrat de Service Public qu'il a signé avec l'Etat, à :
Selon leur niveau de tension et leurs utilisations, les lignes aériennes et souterraines contribuent toutes deux au développement et au renouvellement du réseau public de transport d'électricité français, dans le but d'assurer l'approvisionnement en électricité 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
Le choix de la technique souterraine est privilégié :
La solution souterraine est réservée aux unités
urbaines de plus de 50 000 habitants * pour les projets à réaliser
en dehors des tracés et des couloirs de lignes existants,
et pour ceux, situés à l'intérieur de ces
derniers, qui conduiraient à un accroissement significatif
des impacts.![]()
Le Contrat de Service Public stipule que, « pour protéger les paysages, les milieux naturels et urbanisés, RTE recourra préférentiellement aux liaisons souterraines, pour les ouvrages 400 000 volts, dans des situations exceptionnelles, du fait du coût de la mise en souterrain ».
Pour le projet Cotentin - Maine, les premiers résultats des études environnementales réalisées par un cabinet spécialisé, ne font apparaître a priori aucune zone susceptible de revêtir ce caractère exceptionnel au plan environnemental et justifiant le recours à la technique souterraine.
Même si le choix de la technique souterraine peut être
favorable au paysage, les liaisons souterraines à 400 000
volts ont des impacts importants sur l'environnement naturel. La
création d'une liaison souterraine de la nature de Cotentin – Maine
conduirait à créer une bande de 15 mètres
de large (largeur d'une route) qui devrait rester libre de toute
installation et de toute végétation autre que superficielle.
Dans une région de bocage, cela conduirait notamment à faire
disparaître haies et talus sur toute la longueur de l'ouvrage.
En outre, l'ampleur du chantier, la désorganisation des structures du
sous-sol, la modification du drainage ou de l'écoulement de la nappe
phréatique, la chaleur produite par la ligne… auraient des
impacts notables sur les milieux naturels, la flore et la faune, qu'il
convient de prendre en compte.
Les solutions techniques existent désormais, mais restent
encore limitées à quelques kilomètres. Pour
de longues distances, les câbles souterrains ne sont pas
adaptés aux contraintes d'exploitation du réseau
interconnecté. En particulier, aucune liaison exploitée
dans le monde à ce jour n'a mis en oeuvre la technique de
la station de compensation intermédiaire, nécessaire
pour compenser la production de puissance réactive du câble
souterrain.
En cas d'incident, la détection, l'identification et surtout l'intervention
de réparation sur les câbles souterrains peuvent s'avérer
complexes. Les retours d'expérience sur le réseau RTE indiquent
que les temps de remise en service sont généralement compris
entre 2 et 20 jours suivant la technologie.
En conclusion, sur une telle longueur, la faisabilité industrielle
est incertaine et la maintenance est difficile. Compte-tenu de l'enjeu
du projet Cotentin Maine - éviter des coupures d'électricité étendues
- RTE ne peut prendre de tels risques.
RTE a pour mission d'assurer la meilleure insertion de ses ouvrages
dans l'environnement à un coût économiquement
acceptable. Or l'enfouissement de lignes 400 000 volts est très
onéreux.
Le différentiel de coût reste extrêmement important -de
l'ordre de 6 M€ par km en coût d'investissement comme en coût
complet- et réserve la solution souterraine à des situations
très exceptionnelles.
En souterrain, le coût de la ligne Cotentin – Maine est estimé entre
1100 et 1220 millions d'€, contre les 150 millions d'€ prévus
pour la ligne aérienne. (A titre de comparaison, le montant annuel des
investissements de RTE sur l'ensemble de la France tous niveaux de tension
est de l'ordre de 500 millions d'€. )